jeudi 19 avril 2018

Un cœur messager

Cette année, avec M. Asué, nous fêtons nos 20 ans. Pas 20 ans de mariage, non, parce que nous n'avons pas été très "traditionnels" dans ce domaine et nous nous sommes mariés bien plus tard. Mais 20 ans de "premier rendez-vous".
C'est cet anniversaire-ci qui nous est le plus cher, celui qui compte le plus. Peut-être parce que c'est à cette date que tout a débuté, que sans ce fameux rendez-vous, il n'y aurait pas eu ni enfants, ni mariage, ni petite maison, ni joli poulailler coloré au fond du jardin (qui soit dit en passant attend toujours ses poules ... !) ni tout ce quotidien qui fait que nous sommes simplement et heureusement ensemble.
Alors, pour cette occasion, j'ai eu une petite idée qui va se concrétiser rétrospectivement. Cela vous semble flou, n'est-ce pas ?
Je vous explique. En me baladant sur le site de resilient knitter, j'ai trouvé un tuto pour un cœur tricoté. J'ai eu alors l'idée d'en tricoter un par année de vie commune, que j'offrirai à M. Asué à cette occasion, et au bout de l'année, je le reprendrai le temps de le broder avec une phrase inspirante sur l'année écoulée. Je choisirai une laine qui m'aura déjà servi pour un ouvrage, et tous mes petits cœurs se retrouveront dans une jolie boîte. J'ai pensé d'abord à un bocal en verre, mais plus je réfléchis, plus je me dis que M. Asué avec les garçons pourraient très bien m'en faire une jolie en bois ... A méditer ...
Voilà ce que cela donne :

propriété exclusive de www.assisesuruneetagere.blogspot.com

Au début, j'imaginais n'en faire qu'un. Puis j'ai pensé que lorsqu'on sera super vieux mais pas gâteux, notre mémoire sera peut-être partie vers les limbes du passé, alors on sera bien contents d'avoir les années qui correspondent. J'ai donc utilisé deux tailles différentes.
Ainsi, cette année, M. Asué a découvert ceux de 2018 et ceux de 2017.

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En 2017, nous avons eu plein de beaux moments, mais celui qui m'a le plus marqué est le seul mauvais. Peut-être pas le seul, mais le pire, ça c'est certain. Je trouve cela fort dommage qu'il soit aussi présent en moi mais il en est ainsi. J'ai effleuré ce que je redoutais le plus. Cette nuit-là, pour la symboliser, j'ai choisi d'essayer de la transformer en quelque chose de positif, ou du moins de "pas pessimiste" pour reprendre l'expression du Dr. K.
Je pense aussi qu'attendre la fin d'année m'a permis de faire un tout petit petit pas vers ce qui se rapprocherait d'une sorte de résilience et c'est pour cela que j'ai choisi cette phrase d'Edmond Rostand :

"C'est la nuit qu'il est beau de croire en la lumière"
Edmond Rostand


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Il ne me reste plus qu'à tricoter maintenant tous les cœurs qui me manquent depuis ce fameux dimanche de mars de l'an 1998 ...  En y réfléchissant, je pense que je chercherai d'autres modèles de tricot, car j'aime l'idée du lien dans la différence.

En attendant, je vous souhaite des premiers rendez-vous qui se transforment en heureux quotidien ...
A bientôt !

mardi 10 avril 2018

Mauvaises herbes ou mauvaises herbes ?, telle est la question

Le week-end passé, nous avons eu ENFIN de belles journées printanières. Alors, pour l'occasion, nous avons été des plus classiques : tonte de la pelouse et désherbage parcimonieux.
Quoi ?, me direz-vous, désherbage "parcimonieux" ?
Et oui, car il y a mauvaises herbes et mauvaises herbes, et dans les mauvaises herbes mauvaises herbes, tout n'est pas perdu pour elles.

Je vais tâcher d'être un peu plus claire dans mon raisonnement :

Il y a d'abord les mauvaises herbes, les vraies, les pures, celles pour qui je n'ai rien trouvé de bénéfique, que ce soit pour des tisanes, ou simplement pour de jolies fleurs qui éviteraient que la terre se trouve à nu. Celles-là, hop, dans mon seau.

Résultat d’images pour mauvaises herbes

Ensuite, il y a leurs "cousines" qui elles, même si elles ne m'offrent rien de particulier, offre à mon jardin et mes plates-bandes, des petites fleurs, une protection contre le dessèchement de la terre, et qui plus est, un très bon endroit à vivre pour tous les petits insectes (qui eux, serviront de casse-croûtes aux oiseaux ...). Celles-là, je les garde tant que je n'ai rien à planter à la place.

Résultat d’images pour renouée persicaire

Et puis il y a la catégories des mauvaises herbes, qui ne le sont que par réputation et manque de connaissances. Là-dedans, il y a par exemple les orties, les myosotis, les pâquerettes, les pissenlits, ... et la liste est très longue. Pour celles-ci, je les surveille et leur avenir dépend de mon degré d'intérêt.

Résultat d’images pour pissenlits

En effet, je ne ramasse pas toutes mes "mauvaises herbes qui ne le sont que par réputation". Il y a là aussi certaines subtilités :

Est-ce que j'en ai beaucoup l'utilité ? Si je n'ai pas terminé mes bocaux de tisane, je sais que l'an prochain, j'en cueillerai moins.

Est-ce qu'elles sont dans un lieu "sain" ? Si elles sont trop près de mes voisins, je ne les cueille pas car nous ne partageons pas le même point de vue sur les moyens à utiliser pour enlever les mauvaises herbes ...

Finalement, papoter de "mauvaises herbes", c'est plus sérieux que cela en a l'air. D'ailleurs, cela me donne envie de faire un bon café bien-bien chaud et d'aller voir mes petites protégées dehors ...

Mais avant de couper lien avec les "humains" j'ai une ou deux petites questions : que faites-vous de vos "mauvaises herbes" ? pour quelles utilisations vous sont-elles utiles ?
Je suis très curieuse car cela ne fait que depuis quelques trop peu d'années que je découvre tout ce qui pousse dans mon jardin et j'ai l'impression que je vois de plus en plus de plantes différentes et qu'elles sont toutes de plus en plus intéressantes.
Je me sers de bouquins, d'internet (mais même si je veille au sérieux des sites, que je prends du temps pour recouper mes petites découvertes, je reste quand même toujours un peu sur mes gardes) mais j'aimerai vraiment rencontrer quelqu'un qui s'y connait, un "homme des bois en lien avec la terre", qui me parlerait de la vie de ces petites plantes, de ce qui nous lie. Une personne qui ne vit pas hyper-connecté la semaine pour se déclarer "écolo" le week-end et qui se proclame "coach" car il en a décidé ainsi. Non, non, un humain, un vrai qui vit avec la terre, en harmonie avec elle, pour elle et par elle.
Mais en attendant de faire une telle rencontre, je continuerai mon petit bonhomme de chemin et pour célébrer la présence de ce printemps, je vous offre un petit bouquet fait de fleurs cueillies avant la première tonte de l'année :

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ps : les trois photos illustrant les mauvaises herbes n'ont pas été prises par mes soins. Vous pouvez trouvez les originaux chez :
chardon des champs : site "gerbeaud" ici
renouée persicaire : site "plantis" ici
fleur de pissenlit : site "à la découverte de la nature" ici

A très bientôt !

mardi 3 avril 2018

Bleu comme le ciel

J'aime beaucoup les vide-greniers. Depuis quelques années, je vis dans une région où c'est quasiment une coutume dominicale ; on peut même acheter des bouquins référençant toutes les brocantes de la région. Et croyez-moi, le livre n'est pas mince du tout ! Victor Hugo n'a qu'une maigre avance niveau nombre de pages !

J'aime l'idée de me lever tôt pour arriver avant qu'il n'y ait trop de monde. On prend le petit déj et hop ! en voiture. Pour les lits et la vaisselle ? et bien, on les fera au retour ... Dimanche dernier, on est donc allé à la première brocante de l'année. On la fait tous les ans. Un peu par habitude je crois ; notre ritournelle à nous, probablement.

J'espère toujours trouver un petit trésor, une paire d'aiguilles à tricoter n° 4 par exemple, ou une bobine d'une couleur qui serait parfaite pour un prochain projet ... mais ce dimanche, le trésor n'était pas posé sur une table de camping ; il était juste derrière cette table. J'étais en train de découvrir des sachets de pelotes, 100 % laine, de bains identiques, de quantité me permettant de faire des ouvrages sans avoir recours à des rayures ... quand le propriétaire de ces jolies pelotes a entamé la conversation. Un monsieur au visage avenant, doux, avec de beaux cheveux tout blancs. Un papy mais sans l'être dans son attitude. Il nous a expliqué que toutes ces pelotes appartenaient à sa femme qui était maintenant "là-haut" et à ce moment, il a regardé le ciel d'une manière vraiment particulière ; il avait dans les yeux une étincelle, presque de la coquinerie, de la connivence. Cela peut sembler bizarre, mais il m'a fait un peu penser à un enfant qui sait que son copain est caché, prêt à faire une blague mais que nous, nous ne voyons pas. Je commençais à être un peu mal à l'aise. Je ne savais pas trop quoi faire, ou quoi dire.
Il ne semblait pas triste du tout et nous a expliqué qu'Elle était toujours avec lui de son là-haut à elle, qu'il ne se sentait jamais seul. Ils avaient vécu beaucoup de belles choses, fait trois jolies filles ... et ce qui m'a le plus marqué, c'est que pour lui Elle n'était pas morte, car tant qu'on pensait à la personne, elle ne mourrait pas. Il a expliqué que c'était sa foi qui le guidait dans cette pensée, mais je ne sais pas si c'est seulement la foi qui en est le moteur. Ne serait-ce pas aussi l'amour ?
Il ne s’apitoyait pas, ne s'est pas appesanti sur les causes de ce départ précipité, mais a partagé sa complicité avec elle, leurs voyages, le dernier qu'il a fait tout seul en Laponie et je suis certaine qu'en regardant les aurores boréales, il était avec elle. On a ensuite parlé d'algues et de pesto de plantain qu'il avait déjà cuisiné et toutes les nombreuses plantes sauvages qu'on allait bientôt pouvoir recommencer à savourer ....

Sa vision sur l'être aimé faisait écho mais je ne peux pas dire que dans mon cas, il s'agisse de la foi qui me guiderait vers cette pensée car je ne pense pas avoir une foi aussi "puissante" si on peut le dire ainsi, que lui. Est-ce l'amour ? la peur, peut-être aussi ? Je ne sais pas. Mais je suis certaine qu'un lien d'amour ne peut pas se rompre. Que ceux qui ne sont plus là, continuent d'être là, à leur manière à eux, mais bien là, dans nos cœurs, dans notre quotidien.

Alors, pour finir cet article sachez que je lui ai acheté ses pelotes, quelques unes vertes mais pour la plupart d'entre elles, bleues comme le ciel d'où elle veille sur lui. Je les ai lavées et elles sont à sécher maintenant :

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Je vous dit à bientôt.


"Il y a quelque chose de plus fort que la mort,

c'est la présence des absents dans la mémoire des vivants"
Jean d'Ormesson