dimanche 6 août 2017

Se faire pardonner

Hier, Petit Asué a dit des mots, des mots pas très gentils, des mots qui sont sortis trop vite, tellement vite qu'ils n'étaient pas passés par son cœur et dès qu'ils étaient sortis les vilains, ils les a regrettés mais c'était trop tard, ils avaient fait leurs œuvres.

Alors, il s'est isolé et je l'ai laissé car je sais qu'il en a un besoin vital de cette solitude avec lui-même ; pour se calmer et aussi pour poser les choses. Il s'est replié à l'atelier, et je l'ai revu par la suite, assis au milieu de la pelouse, s'affairant avec une de ces concentrations qui font tirer la langue. J'avais un œil sur lui quand même mais je ne voulais pas qu'il sente ma présence pour qu'il puisse n'être qu'avec lui-même.

Et un peu de temps après, il est venu me voir à la cuisine avec des yeux remplis de belles choses et m'a dit : "ferme les yeux et tends les mains". Je lui ai répondu "mais tu vas me faire pleurer ..." car c'est de tradition que je pleure d'émotion à chaque cadeau de mes petiots. Et là, voilà ce qu'il a mis dans mes mains :

propriété exclusive de www.assisesuruneetagere.blogspot.com

Un dessous de mug en bois qu'il a scié dans une planche de récup dénichée dans l'atelier de M. Asué et il s'était amusé à graver un joli petit cœur.

J'étais émerveillée par ce qu'il avait fait ; ce n'était pas seulement une création, c'était le reflet de sa réflexion, la compréhension que même des paroles ont des conséquences ; et finalement, fabriquer quelque chose, y réfléchir, s'y appliquer c'est déjà un "pardon". C'est même peut-être plus, parce que parfois un "pardon", on peut le dire sans trop y penser et ça ne prend pas beaucoup de temps mais là, il en a passé du temps, de la concentration et son petit regard dans cet instant où il m'a offert son pardon était pétri d'excuses.

Voilà, je voulais juste partager cette réflexion sur le pardon avec vous.
A bientôt

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